
MON UNIVERS
Aicha Aidara s'est interessée très tôt à la figure du pagne, élément important et symbolique dans la culture sénégalaise, objet qui s'approche parfois de l'oeuvre d'art, et qui peut s'appréhender tel un livre. Les motifs du pagne ont des significations particulières et peuvent ainsi délivrer des histoires. En outre, on dit de certains qu'ils sont "rythmiques", comme si leur aspect pouvait s'envisager de différentes manières, comme s'ils conjuguaient des qualités doubles. C'est en prenant connaissance de cette culture qu'Aicha Aidara se réappropria la figure du pagne , faisant de la toile un métier à tisser hors norme. Cette figure n'est cependant qu'un artefact plastique pour l'artiste, que celle-ci applique au châssis dans une idée d'interface. Sa peinture s'élabore par l'accumulation d'éléments, dans un travail très lent de composition et de filage. Jeu sur le relief et les épaisseurs, les lignes des pièces d'Aicha AIDARA relèvent essentiellement d'une dimension picturale. A ce propos, on notera la correspondance qui s'opère entre la surface textile, le mouvement, l'acuité visuelle et tactile. La corde participe de ce qu'on peut proprement appeler la texture du tableau, la structure par laquelle celui-ci se construit. L'analogie entre le geste de peindre et celui de filer se fait aisément, tous deux installant un autre temps, correspondant à celui de l'atelier, patient et méticuleux, mécanique et répétitif, pour le tissage. Le fil, objet par excellence des finitudes et des non finitudes constitue pour Aicha AIDARA le pretexte concret d'un dialogue continu avec le temps, qui n'a de cesse de tresser lentement et imperturbablement.

UN AUTRE REGARD
Technique : Fil à tisser, colle
Oeuvre sélectionnée dans le cadre de la XIème triennale internationale des mini-textiles à Angers.
69 oeuvres d’artistes ayant participé au concours de la XIe triennale internationale des mini-textiles seront présentées au musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine du 10 juin 2017 au 7 janvier 2018.
L’objectif de ce concours est de stimuler la recherche, la création et l’innovation dans le domaine de l’art textile contemporain. Sur la thématique « Libres comme l’art » proposée par l’artiste Pierre Daquin, 460 candidats ont participé à cette nouvelle édition, dont 61% sont étrangers et 39% français. Les oeuvres, faites de fil ou de l’idée de fil et dont les dimensions n’excèdent pas 12 x 12 x 12cm en surface ou en volume, ont été sélectionnées par un jury constitué d’artistes – Pierre Daquin (France), Catherine Beloni (France), Carole Simard-Laflamme (Québec), Arlette Vermeiren (Belgique) -, de conservateurs de musées – Lluis Campins (Espagne), Anne Esnault et Françoise de Loisy (Angers) – et d’un inspecteur à la création artistique au ministère de la Culture, Yves Sabourin.
22 acquisitions faites par les musées d’Angers à l’occasion de la précédente triennale sous la thématique « Too web or not to web/ trop de toile ou pas » seront exposées parallèlement à cette triennale. Elles viennent accroître un fonds muséal déjà riche de plus d’une centaine d’oeuvres de format réduit.
UNE SYMBIOSE DE PEINTURE ET DE TISSAGE
